September 30, 2022

Covid-19 : l’UE se penche sur de nouveaux effets secondaires

De nouveaux effets indésirables ? L’Agence européenne des médicaments (EMA) a annoncé ce mercredi 11 août qu’elle étudiait trois rares affections qui seraient susceptible d’apparaître après une vaccination contre le Covid-19. La structure étudie ces affections afin de déterminer si elles peuvent constituer des effets secondaires des vaccins mis au point par Pfizer / BioNTech et Moderna. Après avoir recensé un petit nombre de cas, trois effets font l’objet d’étude du comité de sécurité de l’agence.

 

Un rapport « bénéfices/risques » toujours en faveur du vaccin

Il y a un mois, l’Agence européenne du médicament a identifié un éventuel lien entre l’injection de sérum utilisant la technologie ARN Messager et de très rares cas d’inflammation du muscle cardiaque. Pour l’instant, l’agence n’a pas communiqué sur le nombre de cas qu’elle avait recensé mais assure avoir réclamé des données supplémentaires à Pfizer et Moderna. De son côté, l’Organisation mondiale de la santé continue d’affirmer que la balance « bénéfices/risques » penchait toujours largement en faveur de la vaccination. Néanmoins cette surveillance accrue des troubles qui touchent certaines personnes récemment vaccinées est nécessaire et fait de la procédure de pharmacovigilance dont nous parlait l’immunologiste Franck Mennechet, il y a un mois. « Il s’agit de la phase 4 qui vise à intervenir directement si jamais on repère un problème chez certaines personnes et qu’un lien de causalité avec le vaccin est avéré », expliquait-il.

Hormis les trois affections préalablement citées, les troubles menstruels qui touchaient certaines femmes ayant récemment reçu le vaccin Pfizer font également l’objet d’une surveillance toute particulière depuis deux semaines. Jusqu’à présent, aucun lien n’a pu être établi entre ces troubles et l’injection d’un sérum ARN Messager.

 

Une proportion de 0,1% d’effets indésirables

L’Agence européenne du médicament n’a pas encore donné de précisions sur le nombre de cas concernés par la nouvelle étude mais dit avoir demandé des données supplémentaires à Pfizer et Moderna afin d’étudier un lien éventuel entre les vaccins et les affections citées.

Mais comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS), elle continue de souligner que les bénéfices sanitaires de ces vaccins l’emportent sur les risques qu’ils peuvent créer. À noter que dans un rapport datant du 16 juillet dernier : sur près de 60 millions de doses administrées dans le pays, la proportion d’effets indésirables rapportés s’élève à 0,1 %, dont environ un quart ont été classés comme étant graves. Pour l’Agence européenne du médicament, la balance « bénéfices / risques » pèse donc toujours en faveur de la vaccination.

 

Une utilisation déjà établie en France

Si l’Union européenne n’a pas encore donné son feu vert pour ce traitement, l’Agence européenne des médicaments (AEM) est bien en train de tester la solution. En France, le traitement à base d’anticorps monoclonaux avait déjà fait ses preuves contre le coronavirus pendant la crise sanitaire. Mi-mars, des autorisations temporaires avaient été délivrées en France à destination d’adultes pouvant créer des formes graves du Covid-19. Plus de 1.000 patients en avaient profité, rappelle l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM).

 

Faible couverture vaccinale

La situation s’explique, en plus de la haute contagiosité du variant Delta, par le relâchement des gestes barrières et, surtout, une faible couverture vaccinale, selon le ministre. En Guadeloupe et en Martinique, où un confinement est en vigueur depuis mardi, à peine 21 % de la population a reçu une dose, contre plus de 63 % en métropole, selon les derniers chiffres de Santé publique France. Ce chiffre est de 41,8 % à La Réunion et 21, 3 % en Guyane.

Selon M. Lecornu, l’île compte actuellement 67 lits de réanimation, contre 27 « en temps normal ». Le gouvernement espère en mettre en place « entre 100 et 130 ». « La situation est inédite par son ampleur, ça dépasse tout ce qu’on avait pu imaginer. On doit décupler nos efforts pour ouvrir des lits de réanimation supplémentaires », abonde Marc Valette, le chef du service de réanimation du CHU de Pointe-à-Pitre.

Dans son service, « sur 55 [lits de réanimation], 44 sont pour des patients Covid, et ils sont tous pleins, on est à saturation ». Autrement dit, pour faire entrer quelqu’un en réanimation, il faudra que quelqu’un d’autre en sorte. « Soit parce qu’il va mieux, soit parce que, malheureusement, il décède », témoigne le chef de service.

«Risque de saturation» des hôpitaux

Des indicateurs dans le rouge, qui poussent les autorités à décréter de nouvelles restrictions. La Guadeloupe va ainsi connaître à son tour un confinement strict, après la Martinique. Tous les magasins devront fermer et les déplacements seront limités à un kilomètre autour du domicile. «Il fallait tirer le frein d’urgence, et le tirer fort», a ainsi justifié le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, à l’issue du Conseil des ministres.

Mardi, 274 soignants et 60 pompiers sont arrivés de la métropole en renfort des équipes médicales de la Guadeloupe et de la Martinique. Des premières évacuations de patients vers Paris ont également été déclenchées fin juillet, alors que «le risque de saturation [est] important [dans] les hôpitaux», selon le chef de l’Etat. «La situation ici est grave, avec un taux d’incidence jamais atteint en France», a écrit sur les réseaux sociaux le ministre des Outre-Mer, Sébastien Lecornu, peu après son arrivée en Guadeloupe mardi soir.

Pour l’exécutif, la situation dramatique dans les Antilles illustre la nécessaire accélération de la campagne de vaccination. «Les vaccins sont une assurance tous risques contre les hospitalisations», a ainsi assuré Emmanuel Macron. Pour l’heure, 45,3 millions de personnes en France ont reçu une première dose. «L’enjeu est d’accélérer», a enjoint le chef de l’Etat. Mardi, près de 600 000 doses ont été injectées. «Compte tenu de l’été, des vacances, c’est un exploit», s’est félicité Gabriel Attal. Reste que la campagne de vaccination, relancée après l’allocution présidentielle de la mi-juillet, patine. Après un record de 4,8 millions de vaccins administrés en une semaine (du 19 au 25 juillet), le chiffre est retombé à 3,6 millions début août, soit le plus faible niveau depuis la fin mai.

Pas de quoi pour autant abandonner l’objectif des 50 millions de primo-vaccinés d’ici à la fin du mois d’août. Afin d’inciter encore un peu plus à la vaccination, le gouvernement a annoncé ce mercredi la fin de la gratuité des tests «à la mi-octobre». Concernant une éventuelle troisième dose, une campagne de rappel à destination des populations à risques débutera «fin septembre», a déclaré Gabriel Attal.

 

«Nous ne voyons pas encore le début de la descente»

En plein cœur de l’été, l’épidémie se rappelle à un gouvernement mis sous pression. Les chiffres de contaminations grimpent ainsi dans le sud de la France et en Corse. En moyenne, 22 500 cas positifs ont été recensés ces derniers jours, et 1 712 malades étaient en soins critiques mardi. Le plan blanc a été activé mardi en Nouvelle-Aquitaine, après l’Occitanie, la Corse et la Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le gouvernement martèle ses appels à la vaccination. «Il y a trop de gens qui pensent, à tort, qu’ils ne feront au pire que des formes légères» du Covid, a ainsi déploré le Premier ministre, Jean Castex, devant des soignants du centre hospitalier de Carcassonne ce mercredi. «Nous ne voyons pas encore le début de la descente», a encore alerté le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, en déplacement mardi à Nice.

Engagé dans une course contre la montre, le gouvernement défend également l’entrée en vigueur, lundi, du pass sanitaire. «Grâce au vaccin et au pass sanitaire, les établissements recevant du public […] peuvent demeurer ouverts», a ainsi déclaré le Président. Un message directement adressé aux professionnels du tourisme, comme les restaurateurs ou les hôteliers, alors que certains sont réticents à l’idée d’effectuer les contrôles eux-mêmes. «Nous mesurons les contraintes», a une nouvelle fois reconnu Emmanuel Macron, avant d’affirmer : «C’était cela ou la fermeture du pays.» Manière de dire que, face aux critiques, la stratégie de l’exécutif est une nouvelle fois la bonne. Signe de ce cap maintenu, l’exécutif suit la décision du Conseil constitutionnel concernant l’obligation du pass sanitaire dans les centres commerciaux : le gouvernement a ainsi demandé aux préfets de rendre le pass obligatoire à l’entrée des établissements de plus de 20 000 m2, dans les départements où le taux d’incidence dépasse les 200 cas pour 100 000 habitants. Conformément, donc, au «certain seuil défini par décret» au vu d’une «gravité des risques de contamination», comme l’a mentionné le Conseil constitutionnel.

 

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