September 30, 2022

Sanofi stoppe son vaccin à ARN messager

C’était la dernière étape avant une commercialisation. Sanofi ne ménera pas d’essais de phase 3 pour son vaccin à ARN messager contre le Covid-19, a annoncé le laboratoire français mardi 28 septembre. Le groupe, qui travaillait à ce candidat-vaccin depuis mars 2020 avec Translate Bio, avait même racheté début août cette biotech américaine pour quelque 2,7 milliards d’euros.

Mais malgré des résultats positifs en phases 1 et 2, Sanofi juge que celui-ci arriverait trop tard sur le marché, alors que 12 milliards de doses de vaccins contre le Covid-19 auront été produites d’ici la fin de l’année.

« Le besoin n’est pas de créer de nouveaux vaccins Covid-19 à ARNm, mais d’équiper la France et l’Europe d’un arsenal de vaccins à ARN messager pour une prochaine pandémie, pour de nouvelles pathologies », explique Thomas Triomphe, le vice-président de la branche vaccins de Sanofi.

« Il n’y a pas de besoin de santé publique d’avoir un autre vaccin à ARN messager », poursuit-il. Les résultats de la phase 3 sur son autre vaccin, fondé lui sur une protéine recombinante et développé avec le britannique GSK, sont quant à eux toujours attendus avant fin 2021.

 

Des résultats pourtant prometteurs

Les données initiales de l’essai mené sur la technologie de l’ARN messager montrent une séroconversion, c’est-à-dire la fabrication d’anticorps, chez 91 % à 100 % des participants, deux semaines après la deuxième injection, indique Sanofi. En outre, aucun effet secondaire n’a été observé.

Avec cette technologie, le laboratoire voulait évaluer la capacité à engendrer une réponse immunitaire. « Or, celle-ci est forte », a commenté Thomas Triomphe, le vice-président de la branche vaccins de Sanofi. Sanofi travaillait depuis mars 2020 avec Translate Bio sur ce vaccin, et a même racheté début août cette biotech américaine pour quelque 2,7 milliards d’euros.

 

Utiliser l’ARN messager pour d’autres vaccins

Tous les investissements consentis et les recherches menées ne vont, malgré tout, pas être perdus. Sanofi compte bien se positionner sur le marché de cette nouvelle technologie et espère mettre au point rapidement d’autres vaccins à ARN messager, contre d’autres virus. Le groupe a déjà lancé de premiers essais pour un vaccin monovalent – avec une seule souche de virus – contre la grippe saisonnière.

Un vaccin quadrivalent est également dans les tuyaux. « Notre objectif est de libérer le potentiel de l’ARN messager dans d’autres domaines stratégiques, comme l’immunologie, l’oncologie », c’est-à-dire le traitement des cancers, « et les maladies rares, en plus des vaccins », expliquait il y a quelques semaines Paul Hudson, directeur général de Sanofi.

 

« Il n’y a pas de besoin de santé publique d’avoir un autre vaccin à ARN messager »

Avec cette technologie, le laboratoire voulait évaluer la capacité à engendrer une réponse immunitaire. « Or, celle-ci est forte », a commenté auprès de l’Agence France-Presse Thomas Triomphe, le vice-président de la branche vaccins de Sanofi. Sanofi travaillait depuis mars 2020 avec Translate Bio sur ce vaccin, et a même racheté début août cette biotech américaine pour quelque 2,7 milliards d’euros. Toutefois, « le besoin n’est pas de créer de nouveaux vaccins Covid-19 à ARN, mais d’équiper la France et l’Europe d’un arsenal de vaccins à ARN messager pour une prochaine pandémie, pour de nouvelles pathologies », ajoute Thomas Triomphe.

« Equiper la France d’un arsenal de vaccins à ARN messager »

Toutefois, « le besoin n’est pas de créer de nouveaux vaccins Covid-19 à ARN, mais d’équiper la France et l’Europe d’un arsenal de vaccins à ARN messager pour une prochaine pandémie, pour de nouvelles pathologies », ajoute Thomas Triomphe.

Le spécialiste des vaccins a musclé son arsenal sur cette nouvelle technologie. A la fin de juin, le groupe pharmaceutique a annoncé la création d’un centre d’excellence consacré aux vaccins à ARN messager, situé sur ses sites de Cambridge, dans le Massachusetts, aux Etats-Unis, et de Marcy-l’Etoile (Rhône), près de Lyon. Objectif affiché de ce centre : intégrer en interne « toutes les capacités nécessaires au développement et à la production » de ces sérums de nouvelle génération.

A l’OMC, le président sud-africain pourfend l' »égocentrisme »

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a réclamé ce mardi à l’OMC un allègement d’urgence des droits de propriété intellectuelle des vaccins et autres technologies médicales utilisées contre le Covid-19, alors que les pays pauvres manquent cruellement de doses. Il s’adressait en ligne à une table ronde organisée par l’OMC sur la pandémie et les échanges commerciaux.

« Le monde subit en ce moment les effets débilitants de l’inégalité dans les modèles de production mondiale. Alors que l’ingéniosité humaine a produit plusieurs vaccins contre le Covid-19 sûrs et efficaces, l’inertie humaine et l’égocentrisme des Hommes ont sévèrement limité l’accès à ces vaccins pour de nombreuses personnes dans le monde », a déclaré Cyril Ramaphosa.

« L’adoption d’une dérogation limitée dans le temps, telle que proposée par l’Afrique du Sud et l’Inde – et désormais soutenue par de nombreux pays dans le monde – est urgente si nous voulons sauver des millions de vies », a-t-il dit. Sur proposition de l’Inde et de l’Afrique du Sud, l’OMC débat âprement depuis 2020 d’une exemption des droits de propriété intellectuelle sur les vaccins et autres traitements anti-Covid, pour les rendre plus accessibles.

Ce principe, soutenu par l’Organisation mondiale de la santé et des ONG, est férocement combattu par les géants pharmaceutiques et certains pays européens, qui soulignent que des accords de production entre entreprises sont possibles et se multiplient, y compris en Afrique.

 

Le Japon approche de la fin de l’état d’urgence

Le Japon va sortir de l’état d’urgence imposé depuis juillet à une partie du pays face à la pandémie, a annoncé ce mardi le Premier ministre Yoshihide Suga. La situation sanitaire connaît une nette amélioration dans l’archipel depuis quelques semaines.

Les mesures de restrictions actuelles, qui consistent surtout à demander aux bars et restaurants de fermer plus tôt et de ne pas servir d’alcool et aux organisateurs d’événements de limiter le nombre de spectateurs, avaient été mises en place mi-juillet, avant les Jeux olympiques de Tokyo-2020.

 

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